En 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit le Royaume Uni. Cette contre-culture devient soudain très à la mode et unit les jeunes des quartiers ouvriers, tant blancs que noirs. Les skinheads écoutent de la soul, du rythm'n'blues (de chez Stax ou Motown), du mod's beat (soul-rock britannique des Who et autres Kinks ou Small Faces), mais surtout du ska, du rocksteady et du reggae avec des artistes noirs venus des Caraïbes tels Simaryp, Laurel Aitken, Desmond Dekker et même les Skatalites, les Upsetters, Jimmy Cliff ou Bob Marley, les Wailers... Le reggae et le rocksteady, bien plus que le ska, apparaîssent comme le son skinhead par excellence. Pour les puristes on parle alors de skinhead reggae, de reggae one drop ou encore d'early reggae. Dans la tradition modernist, les skinheads aiment danser. Ils rivalisent de pas de danse compliqués pour frimer lors des discoes, l'équivalent des boums françaises. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, condition ouvrière, dificultés de tous les jours, contestation sociale, mais aussi sexe, danse et football. Les principales maisons de disques éditrices de ska et de skinhead reggae sont Trojan Records et Pama Records. Le logo Trojan (un casque de guerrier troyen) a été repris par la suite pour désigner les skinheads originels (spirit of 69). Les filles sont appelées skinhead girls plutôt que birds ou birdies (terme péjoratif équivalent du français "pouffe").
Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloid peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace.
L'Union JackL'usage fréquent des couleurs nationales ou du drapeau (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprêté comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Britanniques blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine).
Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique.
Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors du Royaume-Uni. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé. Si John Lennon adopte quelques mois un look skinhead, c'est parce qu'il se sent proche de cette jeunesse ouvrière tumultueuse et rebelle.
Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et les rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.
Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloid peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace.
L'Union JackL'usage fréquent des couleurs nationales ou du drapeau (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprêté comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Britanniques blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine).
Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique.
Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors du Royaume-Uni. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé. Si John Lennon adopte quelques mois un look skinhead, c'est parce qu'il se sent proche de cette jeunesse ouvrière tumultueuse et rebelle.
Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et les rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.